Le Trèfle-Blanc, un nom à retenir

Le Trèfle-Blanc, cela vous dit quelque chose? Dit simplement, c’est le nom du site où sera construite la nouvelle patinoire destinée à accueillir le Genève-Servette Hockey Club (GSHC), les juniors élite et le grand public adepte des sports de glace, d’ici à 2028. Dit de façon juridique, c’est l’appellation de ce nouvel écrin sportif tant attendu et que le Canton a la responsabilité de réaliser, en vertu de la loi répartissant les tâches entre communes et Canton en matière de sport.

La bonne nouvelle est qu’en trois ans et demi, le projet de nouvelle patinoire a connu des bonds en avant, jamais vus jusque-là. L’infrastructure contiendra deux surfaces de glace, dont l’une aura une capacité de 8500 places. À la suite du vote, en janvier 2022, par une large majorité du parlement d’un crédit permettant de poursuivre les études en vue de la réalisation et de l’exploitation de l’enceinte mais aussi de son exploitation, le concours d’architecture est actuellement en cours.

Pourtant, si le projet de nouvelle patinoire, au Trèfle-Blanc donc, mobilise de nombreuses personnes au sein de l’État, de la commune de Lancy ou encore du GSHC, force est de constater que son nom n’est pas encore imprimé dans la tête des Genevoises et des Genevois. Une question, posée ici ou là par des adeptes ou non de hockey, résume parfaitement cette observation: pourquoi ne pas ériger la nouvelle patinoire sur le site des Vernets, là où se trouve l’actuelle patinoire?

Disons-le d’emblée, cette option, étudiée à l’époque, a été écartée en raison de nombreux obstacles. L’esplanade des Vernets est en effet appelée à devenir un parc, dans le cadre de la transformation de la caserne des Vernets en logements. Le site de la voirie jouxtant les Vernets verra lui aussi un parc fleurir et la mise à ciel ouvert de la rivière Aire. Enfin, la patinoire des Vernets a une très grande valeur patrimoniale, de sorte que sa démolition est inenvisageable. Résultat, la place restante ne suffit clairement pas à accueillir une enceinte capable de satisfaire tant la ligue suisse de hockey que le club résident.

«Ce sera demain un lieu de rencontre et de cohésion pour toute la population genevoise.»

La population est, il est vrai, très attachée au site des Vernets, lieu de tant de souvenirs sportifs. Je n’ai cependant aucun doute que le futur écrin des Aigles, répondant aux normes les plus avancées, créera un lien aussi fort avec les supporters et supportrices.

En réalité, au moment de définir le lieu de la future patinoire genevoise en 2012, toutes les études effectuées ont convergé vers ce même endroit. Son accessibilité, renforcée par la très importante desserte en transports publics et une interface multimodale propre à favoriser la mobilité douce, sa proximité avec le centre-ville, de même que sa localisation au cœur d’une zone en plein développement urbanistique, en ont fait le lieu idéal, sans hésitation aucune.

Si aujourd’hui le Trèfle-Blanc se résume à un terrain vague sur la commune de Lancy, ce sera demain un lieu de rencontre et de cohésion pour toute la population genevoise, au-delà même du hockey. En effet, c’est le souhait partagé tant par le Canton que par la Commune de Lancy de faire de ce point un trait d’union entre les quartiers environnants, de la Chapelle, des Palettes et de Bachet.

Est-ce que la nouvelle patinoire, qui doit voir le jour dans six ans, conservera le nom de son lieu, à l’instar des Vernets? Rien n’est inscrit dans le marbre (ou plutôt dans la glace), puisque son exploitation pourrait influencer son nom final. Dans tous les cas, le projet du Trèfle-Blanc est appelé à nous rassembler devant la perspective d’un véritable lieu de vie. Et pour cette raison, le site de Trèfle-Blanc a encore un peu de temps pour se faire un nom.