Solidarité internationale: “Ne pas relâcher les efforts et savoir garder le cap”

Discours tenu à la Fédération Genevoise de Coopération – 50 ans et présentation de l’outil de comparaison du canton et des communes

L’aide au développement, tel que pratiqué par les communes, est exemplaire, lorsqu’on sait le climat politique – et budgétaire – dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Il est plus facile de défendre les budgets qui concernent l’immédiat, le local et les prestations directes à la population, que de justifier ceux destinés à la solidarité internationale dont certains, parfois nombreux, peinent à saisir le sens. Pourtant, malgré les pressions souvent démagogiques de certains, malgré la difficulté d’expliquer cette nécessaire solidarité que nous devons impérativement soutenir, malgré les tentations, pour les collectivités en difficultés, de rogner sur l’aide internationale, les collectivités publiques tiennent bon et assurent, en quelques sortes, leur part de travail sur cette question.

En tant que président de l’ACG, je tiens à saluer les efforts constants des communes genevoises à viser, bon an mal an, le taux si important du 0.7%. Croyez-moi, pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, ça n’est jamais facile, surtout dans les communes pauvres qui peinent déjà souvent à joindre les deux bouts et à offrir à leur propre population des prestations de qualité. Leur sens éthique et leur engagement pour la solidarité internationale forcent le respect.

Un enjeu central de notre idéal démocratique

Car, au fond, cette question du soutien au développement est un enjeu central de notre idéal démocratique, n’en déplaise à celles et ceux qui n’en saisissent toujours pas l’utilité. Ça n’est ni un investissement financier, ni un engagement seulement désintéressé. C’est tout simplement une nécessité morale auxquelles nous, pouvoirs publics qui avons la chance de vivre dans un pays de richesse et d’abondance, devons au reste d’une humanité moins bien lotie.

Cette obligation morale ne relève ni de la pitié, ni de la charité, ni du bon sentiment. Il s’agit de considérer cet engagement comme une réponse forte et concrète à l’abyssale disparité des moyens et des ressources qui existent malheureusement sur cette planète. Quelle démocratie serions-nous, quelles institutions aurions-nous, quelles politiques mènerions-nous, si nous ne prenions pas conscience de la chance qui est la nôtre de vivre ici, en Suisse. La question de la solidarité internationale n’est d’ailleurs pas une question, c’est la réponse sans appel que nous nous devons d’apporter à la bonne marche du monde. Et n’attendons pas d’autres satisfecit ou d’autre récompense que le seul sentiment du nécessaire devoir accompli.

En ceci, le rating annuel publié par la FGC est exemplaire. Il permet de montrer, avec toutes les nuances et les cautèles nécessaires, l’apport de chacun à la solidarité internationale. Il permet aussi, c’est vrai, de désigner ceux qui en font beaucoup, et ceux qui n’en font pas assez. Etant moi-même à la tête d’une collectivité publique, je ne me hasarderai pas ni à juger ni à commenter ces chiffres. Car je sais que chacun donne selon ses possibilités et que, en Suisse, comparativement à d‘autres pays, nous n’avons pas à rougir de notre participation à cet effort de solidarité.

Mais cela ne m’empêche pas d’en appeler à ne pas relâcher nos efforts, malgré les pressions, malgré la morosité ambiante, malgré les incertitudes financières et budgétaires qui nous guettent. Non, il faut aujourd’hui – peut-être plus que jamais – savoir garder le cap.

Vous savez comme moi combien l’actualité internationale est triste et combien nous avons de la chance de vivre dans un pays épargné des horreurs de la guerre et de la misère du monde. Cette chance, nous ne la méritons vraiment que lorsque nous la partageons avec celles et ceux qui, sur cette planète, en ont moins que nous.

Soyons fiers de ce que nous faisons pour la solidarité internationale et continuons sur cette voie.