Le Service de la Cohésion Sociale: de l’innovation sociale à Vernier depuis 5 ans

Discours tenu lors du Jubilée du Service de la cohésion sociale de Vernier du 1er septembre 2016
Photo: Wahba Ghaly

C’est un plaisir de vous accueillir pour fêter en notre compagnie les 5 ans de la création du Service de la cohésion sociale de Vernier (SCOS).

Si on excepte le domaine de la petite enfance, et celui plus spécifique des activités jeunesse menées par la FASe, le SCOS regroupe en son sein l’ensemble des prestations dites « sociales » communales, à destination des habitantes et des habitants de Vernier.

Une telle concentration de compétences est rare dans les communes suburbaines genevoises.

Souvent, les projets d’action sociale sont répartis entre plusieurs services, voire entre plusieurs départements. A Vernier, nous avons voulu lier l’ensemble de la question sociale. Non pas pour des raisons d’économie d’échelle, mais bien parce que nous pensions qu’un service transversal tout entier dédié au travail social, dans toute sa diversité, faisait sens.

Il est en effet une vérité qui, peut-être plus qu’ailleurs, trouve son incarnation dans un domaine aussi complexe que le travail social: tout seul, on ne peut rien. C’est ensemble, en mettant bout à bout les compétences spécifiques de chacune et de chacun, qu’on parvient à de vrais résultats.

Et lorsque je dis « ensemble », je ne parle évidemment pas uniquement des divers domaines d’activités du SCOS, mais bien de l’ensemble des partenaires, amis, bénévoles, institutions et associations que vous représentez toutes et tous aujourd’hui. Sans vous, notre action sur le quotidien des Verniolanes et des Verniolans serait, par définition, limité. Aujourd’hui, cette célébration est d’abord l’anniversaire d’un partenariat et d’un réseau social, et non seulement le jubilé d’un service !

Le SCOS propose, mène, gère et propose des projets d’utilité collective dans tous les secteurs de l’action sociale individuelle et collective. Six domaines d’activité au SCOS : la jeunesse, l’action sociale individuelle et collective, l’emploi et l’insertion professionnelle, les Seniors et aînés, les Contrats de Quartier et la promotion de la démocratie participative et enfin les Correspondants de Nuit, qui pratiquent la médiation urbaine et sociale.

De par leurs compétences spécifiques, et appuyées en cela par une équipe administrative efficace, chacune de ces six délégations s’est spécialisée dans des domaines d’intervention souvent techniques, et développant ainsi un savoir-faire considérable.

Transversalité

Mais au-delà des hautes qualifications professionnelles de l’ensemble du personnel du SCOS, c’est bien dans la transversalité des projets menés, grâce à leurs compétences, que repose la véritable plus-value d’un dispositif unifié d’action sociale communale.

Désendettement des jeunes, action canicule, développement de la participation citoyenne, relais sur les situations individuelles, Réseau Seniors Vernier, sont quelques uns des projets qui soulignent combien la transversalité est finalement le seul moyen d’envisager efficacement le travail social de proximité.

En tant que magistrat, j’ai la chance de pouvoir compter sur le service de Marko BANDLER et de sa précieuse équipe, non seulement pour mettre en œuvre et transformer en projets concrets et pertinents, les missions exigeantes que je leur assigne, mais également pour me faire des propositions pertinentes et ambitieuses !

Innovation sociale

Car la force du SCOS, c’est aussi et avant tout d’être en constante réflexion sur l’innovation sociale ! Toujours en mouvement, toujours un œil vers l’avenir, toujours à la pointe de la connaissance et des compétences ; je suis conscient d’avoir, avec le SCOS, un formidable outil de cohésion sociale et de promotion du bien-vivre ensemble à Vernier.

Vernier, vous le savez, est une commune populaire, la plus précarisée du canton.
Lorsque je pense aux Verniolanes et aux Verniolans, mes études de droit pénal me reviennent en tête. En effet, en droit pénal la double peine était proscrite.

Et pourtant, j’affirme que les habitant.e.s des quartiers populaires subissent une triple peine. Celle tout d’abord, de la loi du marché, une mondialisation forcenée qui fait entrer une compétition féroce entre les habitant-e-s : pour un emploi, pour un logement, pour l’accès à une prestation. Celle ensuite de subir un retrait de l’Etat social. Celle enfin d’être entré dans l’ère du soupçon.

Je voudrai m’arrêter quelques instants sur cette idée.

Il est vrai que les prestations chômage et l’aide sociale coûtent chères. 62 % d’aide sociale à Genève en 5 ans. Du coup, certains parlementaires se nourrissent de quelques cas de fraude pour attaquer violemment notre système social. La semaine dernière, lors de la journée annuelle des Villes, le Conseiller fédéral Ueli Maurer a qualifié les pauvres des villes de profiteurs du social.

Alors que franchement les cas de fraude ne sont pas plus répandus chez les pauvres que chez les riches, certaines d’entre eux sont passés maîtres en évasion fiscale.

Mais plus grave encore est la pression mise sur les précaires qui se mesurent partiellement par un non-recours au droit aux subsides. Les chercheurs estiment le nombre entre 30 à 40 % de prestations non perçues par des personnes qui pourtant en ont droit.

Mesdames, Messieurs, j’ai demandé quelque chose de particulier au service de la cohésion sociale : travailler sur le temps long de la politique. D’arrêter de faire de la politique au jour de jour. Investir une politique du futur, une politique du progrès est plus que nécessaire pour lutter contre les inégalités qui nous pèsent, et aussi dans notre canton.

Complémentarité

Pour conclure, au-delà des hautes qualifications professionnelles de l’ensemble du personnel du SCOS, c’est bien dans la transversalité des projets menés, grâce à leurs compétences, que repose la véritable plus-value d’un dispositif unifié d’action sociale communale. Mais également sur la complémentarité du SCOS par rapport au dispositif cantonal et fédéral.

Notre avantage? Nous sommes au plus près des gens, sur le terrain, nous entendons plus fort leurs difficultés, les problèmes auxquels ils sont confrontés.

Avec moins de moyens que les autres niveaux institutionnels, nous trouvons des solutions simples à des problèmes complexes, nous aidons là où les autres – parfois – démissionnent, là où les autres ont détourné le regard.

Aujourd’hui, je tenais à les remercier du fond du cœur pour leur engagement et leur motivation sans failles au service de Vernier.

Vive le Service de la cohésion sociale !
Et vive Vernier !