Plan directeur cantonal: l’indispensable cohésion territoriale et sociale

Plan directeur cantonal: l’indispensable cohésion territoriale et sociale

Le plan directeur cantonal 2030 fait l’objet d’une procédure de mise à jour partielle. Ce n’est pas qu’un simple outil de gestion du territoire: il donne une vision claire de l’urbanisme de demain, de notre futur développement économique et social. C’est dire s’il s’agit d’un enjeu politique crucial pour imaginer l’avenir de notre canton.

Ce ne sont pas les quelques nouveautés de cette révision qui sont importantes, même si, par exemple, le fait de prévoir une stratégie des lieux de vie nocturne est à saluer. Ce qui est essentiel à mes yeux, ce sont les outils qui permettront d’assurer la cohérence territoriale indispensable à notre cohésion sociale.

Avec ce plan directeur, Genève s’est doté d’un outil qui va dans le bon sens. Pour la première fois, notre canton assume le fait que son développement, notamment économique, devait s’accompagner d’un effort de logements. Il en faudra pas moins de 50 000 supplémentaires d’ici à 2030. Trop souvent, par le passé, notre canton s’est contenté de recueillir les fruits de son attractivité. On a accueilli à bras ouverts des entreprises (avec les emplois et la manne fiscale qui les accompagnent), tout en repoussant les résidents au-delà de ses frontières. Avec les conséquences que l’on sait, notamment en termes de mobilité.

Si la plupart des acteurs politiques continuent de tenir le discours du développement (maîtrisé) porté par le plan directeur, on retrouve vite les bons vieux réflexes classiques de blocage: on soutient l’idée générale, mais on ne veut ni densifier ni accueillir trop de logements sociaux. Certes, le développement territorial du canton ne doit pas se faire de manière inconsidérée. La qualité des espaces publics est indispensable, les zones périphériques de verdure doivent être préservées et la zone agricole ne doit pas être gaspillée. A ce propos, les quotas de Berne doivent être questionnés.

L’ambition de la Genève de demain doit porter sur une juste répartition de l’effort, sur la qualité d’un parc de logements en suffisance, tout en l’accompagnant d’un cadre de vie digne qui offre les conditions indispensables à la cohésion et à la mixité sociale. Dans la ligne des travaux du Centre d’analyse territoriale des inégalités (CATI-GE), cette mise à jour devrait comprendre un élément fort de mesure spécifique sur cette question des inégalités territoriales.

Enfin, nous devons associer réellement la population à ces projets, pour qu’ils se réalisent avec un large soutien, c’est à ce prix que nous pourrons être à la hauteur de nos ambitions. Cette concertation, prévue par la Constitution, ne doit être ni un simple exercice formel ni verser dans la démagogie d’un urbanisme déqualifié. Consulter pour consulter ne fait que nourrir les ressentiments. Il faut coconstruire avec la population la Genève du futur. On gagnera en légitimité ce qu’on pourrait perdre en rapidité, mais l’équation vaut le coup d’être tentée.

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