Le Prix Art et Humanité 2020

Extrait du discours réalisé lors du Prix Art et Humanité (Campus HEAD – Le Cube), le jeudi 15 octobre 2020

C’est un prix dont nous attendons la révélation. Un prix qui célèbre l’art au service de l’humanité. Un prix qui prend évidemment tout son sens lorsqu’il est remis par une institution comme la Croix-Rouge, qui à elle seule représente la notion même d’humanitaire.

C’est bien sûr pour célébrer l’art et l’humanité que nous sommes réunis ce soir, mais également pour célébrer une lauréate ou un lauréat. Cette personne aura démontré, par sa pratique artistique, son engagement au service du collectif, et d’un monde meilleur. Je la félicite d’avance.

Je tiens aussi ce soir à féliciter toutes celles et tous ceux, qui à travers leur médium, où qu’ils ou elles se trouvent, apportent leur pierre à l’édifice de la paix. Celles et ceux qui n’ont peut-être pas la chance de vivre dans la même partie du monde que nous. Un petit coin du globe où nous semblons, je l’espère durablement, protégés des conflits, de la faim et des agressions directes de l’environnement.

A travers la personne qui sera récompensée, c’est la jeunesse dans son ensemble qui le sera.

Les Nations Unies définissent la «jeunesse» comme une personne, âgée de 15 à 24 ans. Selon le Rapport mondial sur la jeunesse de 2018, il y a 1,2 milliard de jeunes, soit 16 % de la population mondiale. A laquelle nous pourrions ajouter les enfants.

Ce monde, cette humanité, c’est à cette jeunesse qu’elle appartient.

C’est à elle que reviendra, à travers l’art, à travers l’engagement – l’engagement sous ses diverses formes -, de résoudre les conflits que d’autres leur auront laissés. C’est à ces jeunes, mais aussi à leurs petites sœurs et leurs petits frères que cet héritage est destiné. Lorsque l’on cherche des chiffres clairs sur la population âgée de moins de 15 ans, les enfants donc, on réalise vite le peu d’importance qu’on leur accorde. Ils seraient un peu plus de 2 milliards, selon les chiffres internationaux. Pourtant, selon l’UNICEF, d’ici 2030, un tiers des enfants du monde entier vivra dans un pays fragilisé ou touché par des conflits.

Ce prix, je le vois donc comme une occasion de porter un idéal de paix, de célébrer ensemble. Mais je le vois surtout comme un rappel de la nécessité pour les élu.e.s politiques, les décideurs économiques et toutes celles et ceux qui sont en position de pouvoir, de penser le monde de demain pour cette population qui, elle, devra assumer les choix d’hier.

Dans cet appel, Genève n’est pas n’importe quelle ville. Genève, symbole des droits humains. Genève, berceau de l’humanitaire. Genève, siège du multilatéralisme. Le Conseil d’Etat s’engage à la hauteur de ses moyens dans cette tradition. Nous venons, par exemple, de renouveler le contrat de prestations qui lie la République et canton de Genève à la fondation du Musée international de la Croix-Rouge pour les années 2020 à 2023. Car il est de notre responsabilité que de soutenir cet incroyable travail mis en œuvre pour faire rayonner l’esprit de Genève et nous permettre d’imaginer la paix.

Investir sur la jeunesse, reconnaître sa voix, son regard, ses désirs, entendre ses désaccords comme le propose ce prix est pour moi, Mesdames, Messieurs, la bonne manière d’investir dans l’humanité.