Solidarité internationale: “Je refuse d’opposer les pauvres contre les pauvres”

Source: 20minutes -TPI

Le but est proche. L’an passé à Genève, communes et Canton ont dépensé en moyenne 0,66% de leurs budgets pour venir en aide aux pays en développement, en finançant les projets d’organisations implantées au bout du lac. La loi de 2002, non contraignante, place la barre à 0,7%.

Pourtant, les disparités entre collectivités sont importantes, regrette la Fédération genevoise de coopération (FGC), qui publiait mardi son rapport quinquennal. Championne en la matière, Russin a ainsi débloqué 3,3% de ses fonds, quand le Canton en mettait 0,21% à disposition, ce qui le place en dernière position du classement. Toutefois, en valeur absolue, l’Etat a dépensé 17,2 millions de francs et la commune viticole 30’000. «Le Canton doit se maintenir au niveau de ce que dit la loi, a appelé la secrétaire générale de la FGC Maribel Rodriguez. Mais nous sommes conscients que le contexte n’est pas favorable.»

Interpellé, le président du Conseil d’Etat, François Longchamp, explique que «la comparaison entre collectivités n’est pas toujours pertinente et dépend de la manière de comptabiliser les dépenses. Celles consenties par le Canton en matière d’accueil des réfugiés ou celles liées à l’entretien et au développement des bâtiments de la Genève internationale ne sont pas imputées stricto sensu à l’enveloppe de la solidarité internationale. En les ajoutant, on dépasserait les 0,7%.»

Crainte pour le maintien des aides

Au total, communes et Canton ont dépensé près de 30 millions. Ce qui représente «presque la moitié de l’effort national en matière de coopération, a rappelé François Longchamp. Si je pense que les autres cantons pourraient faire plus, il s’agit surtout d’une posture inscrite dans l’ADN genevoise.»

Au-delà des chiffres, le contexte économique général inquiète la FGC et ses partenaires et menacerait potentiellement le maintien des aides à leur niveau actuel. En période de disettes, certains élus seraient tentés de biffer les lignes budgétaires habituellement dévolues à l’aide internationale pour l’utiliser localement.

«Je refuse d’opposer les pauvres contre les pauvres, a martelé le président de l’Association des communes genevoises, Thierry Apothéloz. La coopération est un enjeu central de notre idéal démocratique.»