Thierry Apothéloz: “L’année 2020 montre à quel point il est important pour le Canton de continuer à soutenir financièrement le rôle essentiel des associations”

Extrait du discours réalisé lors de la remise de la cuvée 2019 de la Vigne des Nations, mardi 13 octobre à 11h30, à la Maison du Terroir (Bernex)

La cuvée 2019 qui est remise aujourd’hui au Collectif d’associations pour l’action sociale constitue une première. C’est effectivement la première fois en 25 ans que cette Vigne des nations honore non pas une organisation internationale ou encore une ONG, mais bel et bien un acteur du cru!

Ce parchet que vous remet symboliquement le Président du Conseil d’Etat illustre notre terroir, notre territoire et les produits qui en éclosent. Ce territoire, Mesdames et Messieurs les représentants du CAPAS, vous le connaissez pertinemment bien. Vous en connaissez, il faut bien l’admettre, plutôt ses parties délaissées, ses zones de repli et ses recoins souvent défavorisés. Les 45 associations que vous représentez œuvrez au service de personnes précarisées, isolées, ou dans une situation difficile.

Certes, bon nombre des organisations internationales et des ONG qui vous ont précédé avec cette distinction de la République et canton de Genève connaissent elles aussi les zones les plus précarisées, voire pire, les conflits, les guerres, les famines, ces zones où elles sont actives, dans le monde entier.
Cette précarité, ces difficultés sociales, existent pourtant ici aussi, à Genève. Et pas seulement depuis quelques mois!

Reste qu’en matière sociale, le millésime 2020 n’est pas une excellente année!
La crise sanitaire a engendré une crise sociale d’une ampleur rarement vue en Suisse ces dernières décennies. Cette situation a eu un effet double pour le monde associatif local genevois. Alors que certaines associations ont subi des pertes financières dues à l’arrêt des activités, d’autres ont été appelées en renfort, ou sont intervenues de façon autonome, pour répondre aux exigences de cette époque bercée d’inconnues. Nous leur devons beaucoup.

Cette distinction intervient donc alors que peut-être jamais dans son histoire le CAPAS, via ses membres, n’a apporté autant de soutien aux femmes et aux hommes qui sont aujourd’hui touchés par la crise de la COVID. Un soutien à visage humain. Un soutien vital.

En matière d’assistance, qu’elle soit sociale, sanitaire, familiale ou individuelle, vos associations ont joué un rôle vital avec l’avènement du virus de la Covid. Elles ont renforcé les politiques publiques dans de nombreux secteurs. Dans d’autres, elles garantissent même, selon le principe de subsidiarité, la délivrance des prestations.

Enfin, dans le tissu associatif, un corps mérite d’être mis en valeur. Ce sont les bénévoles. Ce sont ce retraité, cet étudiant ou encore cette mère de famille qui décide de s’impliquer pour une cause, pour transmettre un savoir ou pour distribuer des colis alimentaires. Eux ne coûtent rien, si vous me permettez cette formule un peu crue, mais ils valent tellement.
Ce moment est aussi empreint d’une émotion certaine. Honorer le CAPAS avec cette Vigne des Nations, c’est pour le Conseil d’Etat reconnaître que les droits humains, la dignité des personnes, sont des valeurs universelles. Des valeurs dont Genève est le berceau. C’est un geste fort pour vous remercier de défendre ces principes ici même.

Alors au nom du Conseil d’Etat, je terminerai, en adressant à l’attention de l’ensemble des associations membres du CAPAS, à son président Alain Bolle, mes sincères remerciements pour leur engagement et leur volonté d’aider, toujours et sans condition, la population genevoise dans toute sa diversité.