La jeunesse n’est pas un problème, elle est une ressource.

J’ai participé récemment à l’assemblée générale d’une association aux Avanchets. Une cinquantaine de jeunes étaient présent-e-s pour faire le bilan d’une année écoulée riche en projets et surtout pour préparer l’avenir : grillade citoyenne pour permettre de rassembler les habitant-e-s du quartier autour d’un moment convivial, chantier solidaire en Afrique pour construire 3 salles de classe dans une école, activités sportives etc.

J’ai été impressionné par cette énergie collective au service de valeurs de solidarité et de vivre ensemble. L’assemblée générale s’est clôturée par une verrée lors de laquelle j’ai échangé avec plusieurs jeunes sur leurs attentes et leurs inquiétudes concernant l’avenir.

De quoi avons-nous parlé ?
Un jeune de 22 ans m’expliquait sa difficulté à trouver une formation adaptée à son projet, une jeune se désespérait de ne pas obtenir une place d’apprentissage, d’autres me racontaient “la galère” pour trouver un premier job même lorsque l’on a un diplôme. Leurs demandes sont légitimes car ces jeunes aspirent simplement à prendre une vraie place dans notre société.

Quoi de plus « normal » que de vouloir une formation, un apprentissage ou un boulot ? Quoi de plus normal que d’avoir des aspirations et des projets ?

Malheureusement à Genève, pour les jeunes des quartiers populaires en particulier, rien ne coule de source, rien n’est évident, normal ou facile. Je ne peux accepter que dans un canton aussi riche que Genève, avec autant de multinationales, autant de PME dynamiques, autant d’intelligence collective, nous n’arrivions pas à proposer à notre jeunesse de vraies perspectives d’avenir et d’emploi.

De nouvelles ressources dans la lutte contre le chômage et la précarité des jeunes

Des possibilités existent avec l’obligation de scolarité jusqu’à 18 ans prévue dans la Constitution, ou encore avec les nombreuses associations qui viennent en appui, sans oublier le travail réalisé par les enseignant-e-s. Mais, ce qu’il manque c’est la volonté politique de mobiliser toutes les ressources existantes autour d’un objectif : faire disparaître le chômage des jeunes.

Aujourd’hui, notre filet social n’est pas adapté aux problématiques spécifiques de la jeunesse, notamment celle qui se retrouve en rupture au carrefour de l’adolescence. La LIASI, depuis 2012, pénalise financièrement les jeunes au prétexte que cela constitue une mesure incitative destinée à les encourager à trouver une formation ou un emploi. Or, les chiffres nous montrent que cette mesure est inefficace (La proportion de jeunes dans les dossiers financiers suivis à l’aide sociale est passée de 14% en 2012, à 15% en 2016. Ces chiffres sont issus du rapport d’activités 2016 de l’Hospice général – RA Hospice générale p.16). On sait en revanche que pour les jeunes il y a un risque majeur que ceux-ci s’installent durablement à l’aide sociale, du fait notamment de leur manque de formation initiale. Ils se retrouvent pénalisés ensuite dans leur insertion professionnelle. Il y a donc urgemment lieu d’investir massivement cette problématique. D’inscrire les jeunes à l’aide sociale n’est pas une proposition sociétale acceptable : c’est la voie de la formation ou de l’insertion professionnelle qui doit être privilégiée.

Convaincre les entreprises

Cela demande de l’audace, de l’innovation sociale, de sortir des sentiers battus pour convaincre les entreprises de s’engager davantage pour cet enjeu fondamental.
Elles sont non seulement prêtes mais demandeuses, pour autant que nous proposions une démarche cohérente avec un accompagnement efficace. Cela passera notamment par davantage de synergies entre les professionnel-le-s de l’accompagnement social et ceux de l’emploi.

Je le rappelle souvent aux adeptes des mesures d’économie à tout-va , la formation et la lutte contre le chômage sont des investissements et non des dépenses car comme disait un célèbre président américain : « Si vous trouvez que l’éducation coûte chère, essayez l’ignorance ».

J’ai fait des propositions concrètes dans le cadre de mon contre-rapport sur la précarité .
Elles sont prêtes à être mises en œuvre si les Genevoises et les Genevois décident de me faire confiance le 15 avril prochain

 


Pour davantage d’informations Lire le Contre-rapport sur la pauvreté à Genève – 10 axes pour un nouveau contrat social…

Axes 5 – Mettre en place une politique active de lutte contre la précarisation précoce (public jeune)

Mesures proposées

  • Se fixer comme objectif politique que d’ici 10 ans, « zéro jeune à l’aide sociale, 100 % en formation ou en emploi ».
  • Inscrire les jeunes à l’aide sociale dans un modèle incitatif de formation et d’insertion professionnelle sur le même modèle que ce qui a été réalisé dans le canton de Vaud (programme FORJAD).